Édith de Falsen

Ernest Legouvé
1840

Je me trouvais, il y a quelques années, chez un vieil ami de ma famille, dans un village des Pyrénées dont il était maire. Un soir après le souper, l’entretien tomba sur la poésie, les voyages ; et je lui parlai de mon désir de voir l’Allemagne et l’Orient.

— Pourquoi ce désir ? me répondit-il. Est-ce curiosité ou amour du mouvement, ou besoin d’instruction ?

— C’est tout cela ensemble, et aussi l’espoir de trouver sous un autre ciel des images nouvelles pour la poésie, et de découvrir dans des mœurs inconnues le sujet d’un livre qui puisse rester.

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Les amours d’une empoisonneuse

Émile Gaboriau
1881

C’était le mercredi 15 novembre de l’an de grâce 1665. Ce soir-là, il y avait petit souper et grande compagnie, rue Vieille-du-Temple, chez La Vienne, le baigneur à la mode, l’étuviste en renom, le barbier du monde élégant.
 
Les Parisiens du temps présent, qui s’imaginent avoir atteint jusqu’aux dernières limites de la civilisation et du confort, parce qu’ils ont créé des « tavernes » et certains autres docks de la galanterie à bon marché, auront sans doute besoin que nous leur expliquions ce que l’on entendait par barbier, par étuviste et par baigneur, dans la première moitié du règne de Louis XIV.

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L’ami Fritz

Erckmann-Chatrian
1864

Lorsque Zacharias Kobus, juge de paix à Hunebourg, mourut en 1832, son fils Fritz Kobus, se voyant à la tête d’une belle maison sur la place des Acacias, d’une bonne ferme dans la vallée de Meisenthâl, et de pas mal d’écus placés sur solides hypothèques, essuya ses larmes, et se dit avec l’Ecclésiaste : « Vanité des vanités, tout est vanité ! Quel avantage a l’homme des travaux qu’il fait sur la terre ? Une génération passe et l’autre vient ; le soleil se lève et se couche aujourd’hui comme hier ; le vent souffle au nord, puis il souffle au midi ; les fleuves vont à la mer, et la mer n’en est pas remplie ; toutes choses travaillent plus que l’homme ne saurait dire ; l’œil n’est jamais rassasié de voir, ni l’oreille d’entendre ; on oublie les choses passées, on oubliera celles qui viennent : — le mieux est de ne rien faire… pour n’avoir rien à se reprocher ! »

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L’enfer et le paradis de l’autre monde

Émile Chevalier
1866

Il y a quelques mois, j’habitais une petite ville bourguignonne, renommée pour ses usines métallurgiques. Un jour, il m’arriva, d’assister à une réunion chez des forgerons, qui témoignèrent l’intention d’émigrer au Canada, parce qu’on y parle la langue française. Connaissant, par un séjour de plusieurs années, le pays où ces braves gens voulaient aller, je combattis leur projet.

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Le crime d’Orcival

Émile Gaboriau
1867

Le 9 juillet 186.., un jeudi, Jean Bertaud, dit La Ripaille, et son fils, bien connus à Orcival pour vivre de braconnage et de maraude, se levèrent sur les trois heures du matin, avec le jour, pour aller à la pêche.

Chargés de leurs agrès, ils descendirent ce chemin charmant, ombragé d’acacias, qu’on aperçoit de la station d’Évry, et qui conduit du bourg d’Orcival à la Seine.

Ils se rendaient à leur bateau amarré d’ordinaire à une cinquantaine de mètres en amont du pont de fil de fer, le long d’une prairie joignant Valfeuillu, la belle propriété du comte de Trémorel.

Arrivés au bord de la rivière, ils se débarrassèrent de leurs engins de pêche, et Jean La Ripaille entra dans le bateau pour vider l’eau qu’il contenait.

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The Mystery of Orcival

Émile Gaboriau
1867

On Thursday, the 9th of July, 186-, Jean Bertaud and his son, well known at Orcival as living by poaching and marauding, rose at three o’clock in the morning, just at daybreak, to go fishing.

Taking their tackle, they descended the charming pathway, shaded by acacias, which you see from the station at Evry, and which leads from the burg of Orcival to the Seine.

They made their way to their boat, moored as usual some fifty yards above the wire bridge, across a field adjoining Valfeuillu, the imposing estate of the Count de Tremorel.

Having reached the river-bank, they laid down their tackle, and Jean jumped into the boat to bail out the water in the bottom.

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That Mainwaring Affair

Anna Maynard Barbour
1901

The fierce sunlight of a sultry afternoon in the early part of July forced its way through every crevice and cranny of the closely drawn shutters in the luxurious private offices of Mainwaring & Co., Stock Brokers, and slender shafts of light, darting here and there, lent a rich glow of color to the otherwise subdued tones of the elegant apartments.

A glance at the four occupants of one of these rooms, who had disposed themselves in various attitudes according to their individual inclinations, revealed the fact that three out of the four were Englishmen, while the fourth might have been denominated as a typical American from the professional class. Of rather slender form, with a face of rare sensitiveness and delicacy, and restless, penetrating eyes, his every movement indicated energy and alertness. On the present occasion he had little to say, but was engaged in listening attentively to the conversation of the others.

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Les Marrons

Louis-Timagène Houat
1844

Le soleil depuis longtemps avait quitté les bords de l’Océan des Indes, et la nuit, ordinairement si belle et si limpide, secouant ses ombres et sa fraîcheur, sous le ciel brûlant des tropiques, était nébuleuse et ne laissait poindre aucune étoile.
 
Le nègre venait de quitter ses longs travaux pour se blottir et se délasser un peu sur la pauvre natte en paille, unique mobilier de son ajoupa. Dans les établissements Sucriers, le silence succédait à la voix rauque et terrible du commandeur ; le coq avait fait éclater au loin son premier chant nocturne : c’était le signal du repos ; et, si ce n’est un petit oiseau solitaire, le tectec, qui, de temps à autre, s’élançait d’une branche isolée, et, semblable à l’alouette, s’élevait à pic, en frappant tout à coup les airs de son cri sec et monotone ; rien ne se faisait plus entendre au sein de la campagne.
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L’Alpe Homicide

Paul Hervieu
1886

Quand j’arrivai à Chamonix, la nuit avait depuis longtemps noirci la vallée.
 
Quelques lumières, en ville, indiquaient le seuil des pensions, le pont sur l’Arve et les quatre coins de la place qu’encombrait la compagnie des guides en quête de clients.
 
Ma monture se fraya un passage au milieu de ces groupes patients et taciturnes ; et je l’arrêtai à la porte de l’hôtel de l’Ours.
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