Petite grammaire du patois picard

Alcius Ledieu.
1909.

Pour la monographie de mon bourg natal, à laquelle je consacre, depuis plus de trente ans, mes courts instants de loisir, je devais faire une part assez large à l’idiome qui fut ma langue maternelle.

Cette partie de mon œuvre n’était point la moins ardue.

À chaque instant, je me heurtais à des difficultés de tout genre, parce que le picard, de même que tous les patois, « n’a pas d’écrivains qui le fixent, dans le sens où l’on dit que les bons auteurs fixent une langue », suivant la judicieuse remarque de Littré.

C’est qu’en effet, depuis le quatorzième et le quinzième siècle, le patois picard, si florissant jusque-là, n’a plus été cultivé ni écrit. Ce n’est point, cependant, que les productions modernes et contemporaines en patois picard ne soient abondantes et variées ; c’est leur multiplicité même qui nous vaut la confusion orthographique que, dès 1834, Ch. Nodier trouvait pire que celle des ouvriers de la tour de Babel.

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Le Patois picard et Lafleur

H. Daussy.
1877.

Messieurs et surtout Mesdames,

Il faut que je commence par vous demander pardon de la liberté, trop grande peut-être, que je vais prendre, de vous parler dans une séance académique, et solennelle, mon Dieu oui, de vous parler Picard. Le moindre de mes torts, en ce faisant, est de m’exposer à n’être pas compris d’un assez grand nombre de mes auditeurs. C’est précisément mon excuse, c’est la cause déterminante du choix de mon sujet. Aujourd’hui j’ai encore la chance de pouvoir être entendu de quelques-uns ; encore un peu de temps, et je ne serais plus compris de personne. Le Picard se meurt ; il est mort, ou peu s’en faut, et dans tous les cas n’en vaut guère mieux. Depuis longtemps tombé à l’état de patois, il succombe aujourd’hui sous l’expansion de la civilisation moderne ; il va disparaître définitivement. N’est-ce pas le moment de lui dire adieu ?

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