Berlioz intime

Edmond Hippeau
1883

Pour faire un livre, j’entends un bon livre, il faut avoir quelque chose à dire et savoir le dire : outre le lièvre, il faut l’assaisonnement, car le lièvre n’est pas tout dans le civet, au dire des gourmets. Berlioz, sa vie et ses œuvres, c’est assurément là un sujet intéressant. Mais pourquoi faire un livre sur Berlioz ? que dire sur l’homme et sur l’artiste et comment traiter la matière ? On peut écrire un roman, un récit historique, une étude littéraire ou artistique ; mais à quoi bon un volume de critique ou de philosophie de l’art, et pourquoi choisir Berlioz de préférence à tout autre ? Une notice biographique suffit pour connaître un artiste ; et quant à son œuvre, la critique n’est utile, semble-t-il, que si l’on peut se reporter aussitôt aux créations de son génie. La poésie, la littérature supportent aisément les études critiques, car les textes sont sous les yeux. Mais un musicien, auquel il faut l’exécution pour appeler sur ses compositions le jugement, peut-il être l’objet d’un travail de ce genre, surtout au moment où ses œuvres commencent à peine à être connues ? Telles sont les questions qui se présentent tout d’abord. J’y réponds.

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Notice sur l’église Sainte-Cécile d’Albi

Hippolyte Crozes
1841

À travers le mouvement qui agite l’époque actuelle, des hommes de cœur et de talent, ont ouvert à l’esprit français une noble carrière. Ils ont compris ce qu’avait de grand le culte des souvenirs ; tout ce que nos vieux monuments offraient de majestueux et de sublime. Les écrivains et les poètes, par un retour inattendu vers le moyen-âge, se plaisent à introduire dans leurs ouvrages, ou dans leurs fictions, des châteaux, des donjons, des temples gothiques, tant ont de charme les traditions qui se rattachent à la religion ou à la gloire de la patrie ! L’histoire ne se borne plus à reproduire des Chroniques, souvent mensongères ; elle veut remonter aux sources, et trouver la preuve des faits dans les traces ineffaçables que les siècles ont laissées sur leur passage. On parcourt des yeux les murs des vieux édifices, pour y découvrir des inscriptions, pour y déchiffrer des légendes : les manuscrits qui peuvent éclairer leur origine ou marquer les phases de leurs embellissements successifs sont recherchés et scrutés avec avidité ; chaque pays s’empresse de produire ses propres richesses, chaque province fait valoir ses titres religieux et nationaux.

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Hector Berlioz (1803-1869), son œuvre

Georges de Massougnes.
1919

On attend depuis plus de dix mois les Mémoires de Berlioz. Leur publication aurait dû être faite aussitôt après la mort de l’auteur ; telle était, du moins, sa volonté expresse. L’ouvrage est imprimé depuis plusieurs années et les exemplaires en sont déposés à la bibliothèque du Conservatoire. Quelle est donc la cause qui a pu nous en priver si longtemps ? Pour quiconque s’intéresse à l’art musical, pour quiconque, même, s’intéresse aux choses littéraires, ces Mémoires sont un événement d’une véritable importance ; nous attendons tous avec une sympathie plus ou moins vive, mais avec une égale curiosité, les pages assurément douloureuses où ce génie blessé a rapporté toutes les luttes de son existence, toutes les souffrances de son âme d’artiste. Elle était si vibrante, cette âme, si chaleureuse, si haute, que ses plaintes sauront émouvoir ceux-là même qui ont contribué à son martyre. L’esprit à la fois ironique et passionné de Berlioz, son style pittoresque lui ont donné, comme écrivain, un public qu’il ne recherchait pas et que, comme musicien, il n’a pas trouvé encore.

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Album alphabétique des vers proverbes français

Charles Dezobry.
1866

Le recueil qui suit sort de tant de cerveaux, qu’il ne mérite pas un autre nom que celui d’Album. Nos grands et nos petits poètes lui ont fourni le tribut d’une ou de quelques fleurs que l’on pourrait appeler immortelles. Celles de petits poëtes sont ou seront à peu près le fonds le plus sûr de leur immortalité. Il nous a paru que cet Album se plaçait assez naturellement, et comme appendice, à la suite d’un traité de versification française ; il en forme, pour ainsi dire, le complément, parce qu’il ajoute aux exemples déjà donnés une collection d’autres exemples plus variés et non moins instructifs, s’il est toujours vrai que les proverbes soient la sagesse des nations.

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Mémoires d’un artiste

Charles Gounod.
1896

Les pages qu’on va lire sont un récit des événements qui ont le plus intéressé ma vie d’artiste, des impressions que j’en ai ressenties, de l’influence qu’ils ont pu exercer sur ma carrière, et des réflexions qu’ils m’ont suggérées. Sans m’abuser sur le degré d’intérêt qui peut s’attacher à mon individu, je crois que le récit exact et simple d’une existence d’artiste offre des enseignements utiles, qui, parfois, se cachent sous un fait ou sous un mot sans importance apparente, mais qui se rencontrent avec la disposition d’esprit ou le besoin du moment. Le fait le plus indifférent, le mot le moins prémédité est souvent une opportunité j’en ai fait l’expérience, et ce qui m’a été utile ou salutaire peut l’être à d’autres.

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Plaidoyer pour L. Muréna

Marcus Tullius Cicero.
Traduction de J. Thibault (1848).

I. 1. Quæ deprecatus sum a diis immortalibus, judices, more institutoque majorum, illo die, quo auspicato, comitiis centuriatis, L. Murenam consulem renuntiavi ; ut ea res mihi magistratuique meo, populo plebique romanæ bene ac feliciter eveniret : eadem precor ab iisdem diis immortalibus ob ejusdem hominis consulatum una cum salute obtinendum, et ut vestræ mentes atque sententiæ cum populi romani voluntatibus suffragiisque consentiant, eaque res vobis, populoque romano pacem, tranquillitatem, otium, concordiamque afferat. Quod si ilia solennis comitiorum precatio, consularibus auspiciis consecrata, tantam habet in se vim et religionem, quantam reipublicæ dignitas postulat : idem ego sum precatus, uteis quoquehominibus, quibushic consulatus, me rogante, datus esset, ea res fauste, feliciter, prospereque eveniret.

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Les Portugais en France, les Français en Portugal

Roland Francisque-Michel.
1882

Comme l’Écosse, le Portugal, depuis le XIIe siècle, ayant servi de contrefort à la France, sans cesse menacée au nord par l’Angleterre, au midi par l’Espagne, mérite d’être connu plus complètement qu’il ne l’est par les ouvrages énumérés dans la Bibliothèque historique de José Carlo Pinto de Sousa, et par ceux de Schmauss, Gebauer et Schæfer, qui est supérieur à ses devanciers. Chez nous, les histoires de Portugal ne manquent pas, depuis celles de La Clède, de Lequien de la Neuville et de Vertot jusqu’au résumé d’Alphonse Rabbe et à celui d’Auguste Bouchot ; mais les détails des relations sociales, intellectuelles et commerciales de la France avec ce pays lointain sont encore à connaître. Que sait-on également de ce qui concerne la colonie portugaise établie sur divers points de notre territoire, si ce n’est des écoles de Paris et de Bordeaux, dont elle fit des foyers de lumières ? MM. Jules Quicherat et Ernest Gaullieur ont reconstitué d’une façon magistrale ce côté de nos annales internationales ; mais il en est d’autres qui ne sont pas moins dignes d’attention, et nous n’avons rien négligé pour les éclairer.

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Deux romanciers de Provence : Honoré d’Urfé et Émile Zola

Edmond Rostand.
1887

Il semble que nulle part le Roman ne doive être plus en faveur qu’au pays de l’imagination toute-puissante, en cette Provence amoureuse de l’Amour (c’est chez elle qu’il a tenu des cours célèbres), et qui aime tout ce qui en parle, où jadis, dans les manoirs seigneuriaux, on attendait impatiemment la venue, chaque nouvel an, avec la saison des violettes, du troubadour, ce romancier voyageur…

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Notes de voyage dans l’Amérique du sud

Georges Clemenceau.
1911

Je jouis heureusement du grand avantage de n’avoir rien découvert. Et comme j’ai moins l’ambition d’étonner mes contemporains que de leur suggérer simplement des réflexions au passage, peut-être éviterai-je de froisser cette espèce redoutable de savants qui, ayant des doctrines sur toutes choses, ont tout vu de leur cabinet. Que les statisticiens se détournent de moi ! Je n’enrichirai par leur littérature. Ne me trouvant tenté d’aucune théorie, je ne saurais céder à quelque propension d’accommoder les faits selon les besoins d’une idée préconçue. Par la grâce de mes ignorances, mon bagage ne s’embarrasse d’aucune démonstration préalablement établie. Et s’il est vrai, comme le dit Voltaire, que la plus fâcheuse inconnaissance soit celle du critique, je confesserai sans peine que ma critique générale des vieilles civilisations me porte à l’indulgence envers ceux qui essaient, loin de l’Europe, de s’engager en d’autres voies.

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Légendes et récits populaires du Pays Basque

Jean-François Cerquand.
1875

Lorsqu’un conteur basque a lieu de craindre que ses récits n’aient pas produit sur ses auditeurs l’effet attendu, il trouve, pour s’excuser, une pasquinade telle que celle-ci :

« Il y avait, une fois, un corbeau noir, très-noir ;

« De ce corbeau une aile était plus longue que l’autre ;

« Si l’aile courte avait été aussi longue que l’autre, cette histoire aurait été plus longue et plus intéressante. »

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