Notes de voyage dans l’Amérique du sud

Georges Clemenceau.
1911

Je jouis heureusement du grand avantage de n’avoir rien découvert. Et comme j’ai moins l’ambition d’étonner mes contemporains que de leur suggérer simplement des réflexions au passage, peut-être éviterai-je de froisser cette espèce redoutable de savants qui, ayant des doctrines sur toutes choses, ont tout vu de leur cabinet. Que les statisticiens se détournent de moi ! Je n’enrichirai par leur littérature. Ne me trouvant tenté d’aucune théorie, je ne saurais céder à quelque propension d’accommoder les faits selon les besoins d’une idée préconçue. Par la grâce de mes ignorances, mon bagage ne s’embarrasse d’aucune démonstration préalablement établie. Et s’il est vrai, comme le dit Voltaire, que la plus fâcheuse inconnaissance soit celle du critique, je confesserai sans peine que ma critique générale des vieilles civilisations me porte à l’indulgence envers ceux qui essaient, loin de l’Europe, de s’engager en d’autres voies.

EPUB
MOBI

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s