Petite grammaire du patois picard

Alcius Ledieu.
1909.

Pour la monographie de mon bourg natal, à laquelle je consacre, depuis plus de trente ans, mes courts instants de loisir, je devais faire une part assez large à l’idiome qui fut ma langue maternelle.

Cette partie de mon œuvre n’était point la moins ardue.

À chaque instant, je me heurtais à des difficultés de tout genre, parce que le picard, de même que tous les patois, « n’a pas d’écrivains qui le fixent, dans le sens où l’on dit que les bons auteurs fixent une langue », suivant la judicieuse remarque de Littré.

C’est qu’en effet, depuis le quatorzième et le quinzième siècle, le patois picard, si florissant jusque-là, n’a plus été cultivé ni écrit. Ce n’est point, cependant, que les productions modernes et contemporaines en patois picard ne soient abondantes et variées ; c’est leur multiplicité même qui nous vaut la confusion orthographique que, dès 1834, Ch. Nodier trouvait pire que celle des ouvriers de la tour de Babel.

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